Je viens de relancer pour la n-ième fois le service juridique qui est censé m'aider à fermer mon entreprise. Un an que ça dure. Un an que je paie pour qu'on m'aide à sortir de ce bourbier administratif.
Mon thé refroidit sur le coin de mon bureau. Encore. Je relis l'email que je viens d'envoyer et je réalise un truc : cette situation administrative interminable, c'est peut-être la dernière leçon que mon entreprise avait à m'apprendre.
Parce que le comptable avant eux ? Recommandé par mon père et ses amis. "Un professionnel de confiance", qu'ils disaient. Il s'est surtout foutu de ma gueule pendant deux ans : factures salées, travail bâclé, tout à la dernière minute, zéro digitalisation, et cette façon paternaliste de me traiter comme si j'étais venue jouer à l'entrepreneuse entre deux goûters d'anniversaire. Jeune femme dans un monde de vieux bonshommes établis = cible parfaite pour l'arnaque polie.
Voilà ce que personne ne vous dit sur l'entrepreneuriat : parfois, les meilleurs apprentissages viennent des plus beaux plantages. Et mon plantage à moi, il a une particularité : j'ai lancé mon entreprise de saddle-fitting équin un mardi. J'ai appris que j'étais enceinte le mercredi.
Timing impeccable. Vraiment.
Créer une entreprise enceinte, c'est un peu comme lancer un produit avec une deadline immobile et non-négociable : dans 9 mois, quoi qu'il arrive, un nouvel utilisateur critique va arriver et monopoliser 100% de vos ressources. Pas de buffer. Pas de sprint de secours. Juste toi, ton ventre qui grossit, et l'espoir naïf que tu vas réussir à scaler avant que la prod ne prenne feu.
Spoiler : ça n'a pas scalé.
Mais ce que j'ai appris pendant ce sprint condensé vaut tous les bootcamps Product Owner du monde. Voici mes six leçons majeures, présentées avec le recul lucide de quelqu'un qui a survécu à l'aventure et qui a décidé d'en faire son super-pouvoir.
Ce que j'ai appris : Faire confiance aux recommandations, c'est bien. Vérifier les reviews Google avant de signer, c'est mieux.
Mon comptable était une référence. Dans le réseau de mon père. Moi ? J'étais une anomalie statistique : jeune, femme, et évoluant dans un secteur atypique (le saddle-fitting équin, franchement, qui fait ça ?). Résultat : il m'a traitée comme un dossier de seconde zone. Paperasse non digitalisée, deadlines ignorées, et une condescendance à peine voilée. Le service juridique ensuite, même combat. Un an plus tard, je fais encore le SAV moi-même.
Ce que ça m'a appris pour le Product Management :
Un stakeholder toxique ou incompétent coûte plus cher qu'un bon prestataire. En tant que PO, mon rôle est de dé-risquer le projet, et ça commence par le choix des bons partenaires. Cette expérience m'a appris à créer ma propre grille d'évaluation, au-delà des recommandations. Je sais maintenant identifier les red flags :